Voilà, Mylène est de retour en 2026 avec un nouveau single et bientôt un album. Le dernier ne me semble pas si loin, mais c'était déjà il y a 4 ans. Cela dit, Mylène a enchaîné les projets donc elle ne s'est pas trop retrouvée "à l'ombre" ces dernières années.
Ce nouveau single: "C'est à qui le tour", s'annonce dans la volonté classique de faire un titre efficace qui séduise un large public en gardant un lien malgré tout présent avec l'univers si particulier de la chanteuse. Très franchement, aux premières écoutes, je suis plutôt mitigé. D'un côté le titre est efficace mais d'un autre il est beaucoup plus simple et basique que beaucoup des titres de la chanteuse. Mylène nous avait habitués à des titres de lancement plus marquants et audacieux…
Le côté positif, c'est ce petit côté funky présent dans la musique de DJ Lewis et cela crée un contraste intéressant avec l'univers dark de Mylène. J'aime les rares titres de sa carrière où elle explore une musique plus chaleureuse, plus "estivale".
Au niveau de la voix, on a ce style actuel avec une voix très en avant qu'on retrouve beaucoup dans la variété française contemporaine. Honnêtement je ne suis pas fan, je préfère quand la musique est privilégiée. Mylène a beaucoup de titres où sa voix est "noyée" dans l'ambiance musicale mais personnellement ça ne me gêne pas du tout, en un sens c'est ce qui donne à sa voix ce côté "chant des sirènes". Cela dit j'aime beaucoup le Take A Daytrip Remix de "C'est à qui le tour" où je retrouve un mixage et une ambiance qui me parlent.
Par contre le point faible pour moi c'est clairement le texte, même la formulation du titre sonne comme du français parlé sans efforts, globalement le texte décrit l'univers mélancolique et accablé de Miss Farmer mais sans profondeur réelle et sans qu'on puisse déceler un vrai sens, il n'y a pas ce côté littéraire non plus. C'est vrai que depuis longtemps Mylène s'accorde des textes légers sans prises de tête, c'était déjà le cas avec "Dégénération" ; pourtant j'adorais ce titre avec ce texte bizarre qui ressemblait à un collage d'impressions variées.
Donc ce n'est pas une grande chanson, mais d'un autre côté je ne peux m'empêcher de penser que pour une femme ayant atteint la soixantaine, elle garde une pêche incroyable et le fait qu'elle ait toujours autant de joie à faire ce métier est réjouissant. Raisonnablement, on ne peut pas s'attendre à ce qu'elle propose ses meilleurs titres après 42 ans de carrière. Et vu qu'elle sait s'entourer de nouveaux collaborateurs inspirants, on peut s'attendre à un nouvel album moderne et accrocheur, ce qui sera déjà une très bonne chose. Hasard du calendrier : Mylène signe son grand retour en même temps que Madonna, qui elle aussi ne renonce jamais à ses ambitions. Pour l'album, j'avoue que je serai plutôt séduit si, à l'occasion de quelques titres, Mylène renouait avec le duo iconique qu'elle formait avec Laurent Boutonnat, même si dans l'ensemble je trouve cela bien qu'elle ait fait évoluer son univers musical.
Après visionnage du clip, on peut tenter une explication de texte: la chanson parlerait peut être de la censure et l'autocensure actuelles dans nos sociétés occidentales. Et si la chanson était une critique des excès de l'ère Mee too? Malgré tout, cela reste des suppositions.
C'est là que Mylène retrouve toute sa force, elle reste la reine des clips, ce nouvel ajout à sa vidéographie vient ajouter une couche atmosphérique et étrange à la chanson, le clip a une belle esthétique. Je redoutais un peu le fait qu'elle revisite tout son univers visuel dans le clip (vu qu'elle l'a déjà beaucoup fait par le passé et dès 1989 avec "À quoi je sers"), mais cela est bien intégré. Globalement, l'idée forte du clip, c'est ces visages muselés qui ne peuvent plus parler et c'est là que la chanson semble évoquer la censure actuelle. Après, il y a toujours ce goût des visuels morbides dans l'univers Farmerien, j'ai toujours trouvé cela plutôt excessif et inutilement provocateur, mais force est de constater que cela fait partie de sa trademark et que ça fonctionne sur le public. Je n'ai jamais vu d'explication satisfaisante quant à son obsession pour la défiguration, si ce n'est le fait qu'elle aime le film "Elephant man", mais je suppose qu'un psychiatre trouverait intéressant de constater sa manie d'apparaitre monstrueuse dans certains de ses clips (ici sont visage semble avoir fondu comme un personnage dans le film "Robocop").
Enfin côté design on a, là encore, une esthétique simple et efficace, qui à vrai dire n'égale pas le niveau de sophistication des designs de l'album "L'emprise" mais accentue le côté pop. Ici j'ai réinterprété la pochette du disque car c'est le cœur de mes activités sur ce blog.
La chanteuse tourne déjà un nouveau clip et l'album sortira à la rentrée. En attendant on peut replonger dans sa riche discographie. Dites-moi en commentaire ce que vous pensez de ce retour.
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